Nico Braun: «Je ne veux pas révolutionner le FC Metz»

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Nico Braun revient sur ses impressions du FC Metz d'aujourd'huiMeilleur buteur de l’histoire du FC Metz avec 96 réalisations en 170 apparitions, Nico Braun (60 ans) a toute la légitimité pour s’exprimer sur le club à la croix de Lorraine. Au lendemain d’une nouvelle contre-performance messine et d’un entretien avec le président Bernard Serin, il était normal de passer un coup de fil à celui qui, à quatre mois de la retraite, n’envisage pas son avenir loin de Saint-Symphorien.
Entretien avec notre journaliste Matthieu Pécot

Avez-vous passé une bonnesoirée, lundi à Saint-Symphorien?
Nico Braun :
Oui, à part qu’on n’a pas gagné. Mais ça s’est joué à rien. On mène 2-1 et on se fait égaliser aussitôt. Sur le terrain Duhamel (NDLR : qui a inscrit les deux buts messins) m’a laissé une très bonne impression. Une très grande partie du mérite de ce match nul lui revient. C’est un gars très vivace. Il a le sens du but. Il ne réfléchit pas mille fois avant de tirer. Et en plus de ça, il est très volontaire. Ce n’est pas un hasard si on l’a senti essoufflé dans le dernier quart d’heure. Le reste? Bon… Disons qu’en Ligue 2, à partir de la 6e place, toutes les équipes se valent. Ça se joue sur la forme du moment, l’état d’esprit. Malgré ça, je suis confiant pour le maintien. Il reste quinze matches, je vois bien le maintien se jouer lors de la dernière journée.

Mario Mutsch a-t-il manqué à Metz?
Alors là, oui! Ça, pour moi, c’est une incompréhension totale. C’est une grosse déception pour moi de ne pas le voir jouer. Moi qui viens du milieu, je crois savoir les raisons qui expliquent son absence. Et ça ne me fait pas plaisir. C’est nul. Qui que ce soit, celui qui a pris la décision de ne plus prendre Mutsch dans l’équipe fait une belle erreur. Sportivement, il a largement sa place dans l’équipe. Et puis c’est surtout quelqu’un qui a envie de se donner à fond pour Metz même s’il sait qu’il partira en fin de saison. Tout le monde le sait. Ce n’est pas un tricheur. Le FC Metz du moment ne peut pas se permettre de négliger le coup de main que pourrait donner Mutsch.
Ça vous chagrine, de vous dire qu’il n’y aura plus de Luxembourgeois dans l’équipe pro du FC Metz l’année prochaine?
Ce n’est pas un drame en soi, si l’espace d’une année, il n’y en a pas. Mais à terme, oui, ça m’affecterait de ne voir aucun Luxembourgeois à ce niveau. D’autant que franchement, en Ligue 2, les joueurs ne sont pas des extraterrestres… Je pense, et j’ai même la conviction, que certains jeunes Luxembourgeois pourraient faire partie d’effectifs de deuxième division française. Même si je ne suis plus trop le championnat luxembourgeois, je vois bien les matches de la sélection.

Vous pensez à des joueurs en particulier?
À Ben Payal et à Gilles Bettmer, par exemple, mais il y en a sûrement d’autres! À chacune des dernières sorties de la sélection, de mémoire, je n’ai pas vu un adversaire prendre le dessus sur Payal. Et en face, ce ne sont pas des joueurs de Ligue 2, à ce que je sache, hein, mais des gars qui jouent en première division de grands championnats…
Bettmer, il est aussi très fort. Je l’adore, moi, Bettmer. Et franchement, je ne comprends pas pourquoi, un jour ou l’autre, personne ne s’est dit que ce garçon avait le niveau de la D2 française. Ça reste une énigme pour moi.
Revenons à lundi soir. Vous avez rencontré le président du FC Metz, Bernard Serin…
Déjà, je trouve ça bien qu’il ait honoré ce rendez-vous qu’on avait fixé alors qu’il a eu un imprévu, une émission radio, je crois. Donc, on s’est vu en deux étapes : une première fois, puis il est allé à la radio, puis là, on s’est parlé un bon quart d’heure. Cet entretien m’a énormément plu. Ça faisait un an qu’on devait se voir. C’est la première fois que je le vois de manière officielle et je dirais que c’était riche. J’ai entendu des choses que j’ignorais, un point de vue différent de qui me semble être celui des socios, mais pas incompatible avec celui-ci. Oui, je dirais que c’était une bonne entrevue. J’ai senti qu’il était sensible à ma démarche, c’est globalement ce qu’il faut retenir.

Mais vous lui avez parlé du projet des socios (lire notre édition du 26 janvier), dont vous êtes le parrain?
Il m’en a parlé, car je tenais à ce que ce ne soit pas moi qui lui amène le sujet. Je ne voulais pas faire de faux pas. En tout cas, il a été sensible à ma démarche. Mon but, c’est d’aider le club, point à la ligne. Je ne m’engage pas dans quelque chose que je ne connais pas en profondeur. C’est pour ça que l’entretien que j’ai eu avec Bernard Serin, j’en aurai un du même type avec les gars qui ont eu l’idée des socios. D’ailleurs, ils m’ont remis un document que je vais lire tranquillement. Je me donne quelques jours de réflexion. Je veux bien voir leur programme. Je me pose des questions sur le fonctionnement, c’est pour ça que je veux les revoir. Mais qu’on soit clair, mon but, ce n’est pas de séparer la famille du FC Metz.

Et Bernard Serin, il en pense quoi de ce projet?
Il en pense que je ne sais pas! J’ai la conviction qu’il a une idée en tête, mais a priori, il n’a aucun problème avec l’idée de se mettre avec les socios de manière à trouver un terrain d’entente. J’ai quand même l’impression que ça lui tombe un peu sur le nez.

Les socios, eux, veulent vous voir au conseil d’administration…
Je ne m’engage avec personne. Le parrainage, il veut dire que j’ai juste accepté de prêter mon nom. Alors oui, les socios aimeraient bien que… Mais est-ce que les autres actionnaires seraient d’accord pour voir ma tête parmi les leurs? Non, ma place n’est pas au CA. Ma mission pourrait être tout aussi intéressante si je n’y étais pas. Je ne veux pas être celui qui va révolutionner le FC Metz. Je veux simplement rendre à ce club ce qu’il m’a apporté pendant cinq ans.

On sent que vous avez une folle envie de réintégrer le FC Metz de manière officielle.
Fin juin, je serai à la retraite. Je me suis dit qu’il fallait que je trouve des activités. Et pourquoi pas revenir à la base? Il y a certes, un possible mariage entre Metz et les socios, mais j’aime ce club et je peux l’aider sans nécessairement entrer au CA! Ce qu’il y a, c’est que les socios m’ont contacté au moment où je me disais que j’aimerais me rapprocher du FC Metz. C’était en décembre dernier. Ils ont d’abord pensé à Robert Pires pour devenir l’ambassadeur de leur groupement, puis en se tournant vers Bernard Zénier (NDLR : désormais au marketing au sein du club grenat), mon nom est arrivé. Voilà où l’on en est.

 

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